Festival des Templiers 2009 (3/3)

Publié le par Jan

Dimanche 25 octobre.
La nuit fut courte et j'ai plutôt mal dormi, comme souvent avant une course. Pas de douleur de la course de la veille, ni même une petite raideur. Reste à savoir comment ce sera après quelques kilomètres. Nous roulons de nuit sur le plateau du Larzac pour rejoindre Nant. Le village est déjà en mouvement. Environ 2800 participants cette année pour la Grande course des Templiers. Le ciel semble dégagé et la température est idéale. Nous nous amassons dans le sas de départ et l'envie de partir se fait de plus en plus pressante... heureux d'être sur la ligne de départ de cette course que j'ai déjà fait il y a 5 ans... c'était mon premier ultra.
Les dernières secondes, la musique des templiers puis les flambeaux rouges, c'est parti. Je me laisse porter par le flux. Les copains m'avaient dit de ne pas trop trainer au départ, de ne pas être trop derrière en arrivant sur la descente de Cantobre... C'est encore loin mais je décide d'accepter ce départ rapide, je n'ai jamais vraiment essayé et c'est l'occasion. La route monte doucement dans la nuit et quelques virages plus loin nous avons le droit à ce spectacle merveilleux d'une énorme guirlande de frontales derrière nous. Le peloton est dense et le restera encore longtemps. Nous coupons une route et j'aperçois Pat sur le côté.
Sauclières arrive plus vite que je ne pensait. Je croise Isabelle et demande des nouvelles des autres. Ils sont tous devant moi. Commence alors cette longue montée vers le Saint Guiral. De vraies pentes raides entrecoupées de fausses côtes dans lesquelles courir commence déjà à faire mal aux jambes et marcher n'est pas assez rapide; je ne sais plus quel rythme adopter. Alors pourquoi pas profiter du paysage et du lever du soleil en prenant quelques photos. Le cadre est magnifique et la lumière rasante sur la rosée donne des teintes argentées aux couleurs d'automne.
Voilà le Saint Guiral, sommet de la course, le kilomètre 30 est dépassé.... cool.. plus qu'un marathon à faire. La descente fait du bien et je l'entame prudemment, un oeil sur le sentier, l'autre sur le paysage, je ne m'en lasse pas. Dourbie approche et je retrouve des jambes de quoi courir dans les montées du village pour atteindre assez frais le ravitaillement où je retrouve Pat dans la foule. Je prends mon temps pour réorganiser le sac, remplir la poche à eau avec ma boisson énergétique et profiter de cette ambiance avant de retourner sur les chemins. David, François et Eric sont toujours devant.
J'entame la montée de 500 m D+ à un bon train que j'arrive à garder jusqu'en haut. Du coup la descente sur Trèves arrive vite. Elle est vraiment raide mais pas trop humide, je me laisse entraîner par la pente, suivi d'un autre concurrent aussi très à son aise sur ce terrain. Nous courons à vive allure et dépassons beaucoup de monde. Je sais que mes cuisses risquent de le payer cher mais c'est trop plaisant pour ne pas le faire. Déjà Trèves.
Il me reste assez d'eau et je décide de repartir très vite. Je paye ma descente folle en ne pouvant garder un rythme élevé dans la montée mais ça passe avec de la patience. J'arrive à présent à mieux gérer ces moments difficiles: il faut juste avancer et prendre son mal en patience, la forme reviendra plus tard. Les passages sur le Causse Noir sont magnifiques. La descente et la remontée au niveau de Saint Sulpice sont très techniques et très raides. Il est très difficile d'y doubler et je décide de rester sagement dans le rang et me refaire la cerise pour la descente de Cantobre qui se rapproche...
Puis la voilà sous mes pieds, raide caillouteuse, hyper-technique où les concurrents déjà engagés semblent hésiter et descendent lentement...
Très vite j'arrive à doubler le petit groupe qui me précède à la faveur d'un petit élargissement du chemin et je peux courir librement... à donf !! Un vrai régal qui me permet de doubler de nombreux concurrents. Les cuisses brûlent mais le plaisir est immense. Je reste sur ma lancée jusqu'au ravitaillement où je fait rapidement le plein d'eau pour repartir au plus vite.
La dernière montée reste dure. D'abord un petit passage sombre et humide qui nous fait ressortir sous le village où une véritable foule nous attend et nous acclame. Pat est là. Les nouvelles des autres ne sont pas très bonnes: blessure ou crampes les ont beaucoup ralentis et cela m'attriste vraiment. La montée, bien que difficile, est vite franchie et je retrouve les chemins parcourus la veille... Plus rien ne me retient. Je prends encore un peu de bon temps pour boire, manger un peu et sortir mon iPod, histoire de faire la descente en musique. Je me laisse entraîner par la pente et Muse ("Knights of Cidonya" et "Hysteria"). A ce rythme là, plus besoin des cordes installées, ça passe tout seul une fois de plus à fond. Encore un plaisir immense à descendre ainsi jusqu'au village. Je savoure les derniers mètres en courant, un sourire jusqu'aux oreilles comme tout au long de la course.
Je boucle les Templiers en 10h45' malgré une gestion de course des plus originale pour moi... je dirai plus une gestion du plaisir. Quelle belle journée!
Et quel beau week-end qui se termine entre copains autour d'un délicieux aligot-saucisse. Merci à tous ceux présents ce week end et tous les amis que je savais avec moi, Domi, Christian, Véro, Coco, Marie, Simone, Lina, Laurent, Jef, et tant d'autres...

Publicité

Publié dans courses

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
<br /> Bravo, Jan !! Et quel récit, ça donne envie de la faire !!! Belle perf, c'est de bonne augure pour le MDS.<br /> Au plaisir de lire tes différentes escapades.<br /> Bonne préparation.<br /> <br /> <br />
Répondre
J
<br /> Salut Maurice. Certainement une des plus belles courses que j'ai faites avec le Mercantour et les aiguilles rouges. A faire +++<br /> <br /> <br />
V
<br /> Bravo "Janvier" !! ;-)) Belle course, beau récit !... A te lire on croirait même que tu n'as pas tellement souffert... Tu avais le sourire tout au long de la course ; tu t'es fait plaisir ; c'est<br /> de bon augure pour le MDS l'année prochaine ; nous on aime bien soutenir des concurrents souriants, contents d'être là malgré la fatigue !<br /> <br /> Bises, bonne récup' !... (et préviens-nous de tes prochaines escapades chronométrées Janvier, qu'on te "suive" jusqu'en avril !... ;-))<br /> <br /> <br />
Répondre
J
<br /> Salut Véro, merci de nous supporter ainsi, top cool. Je crois que la prochaine escapade chronométrée sera la tienne avec la Saintélyon. Bon entrainement. Bises<br /> <br /> <br />